Au fil des siècles

Livran est habité depuis les temps les plus reculés, en attestent les haches de l’âge de bronze retrouvées sur place. Le site de Brion tout proche laisse à penser que cette occupation s’est poursuivie aux temps gallo-romains.

Cependant, l’histoire officielle de Livran remonte au 22 novembre 1280 lorsque le roi d’Angleterre Edouard accorde aux frères Arnaud et Béraud de Goth la Seigneurie de Livran pour y bâtir leur fief. Trésoriers des rois de France et d’Angleterre, la famille de Goth est passée à la postérité grâce au fils d’Arnaud , Bertrand, devenu pape sous le nom de Clément V.

Livran au cours des ans ne fait pas parler de lui de manière éclatante, cependant les destins et les histoires liées au château laissent entendre une musique particulière qui parle d’accueil et de fidélité.
Ainsi sous la Révolution, la propriété appartient aux Perrier de Larsan qui malgré le contexte politique et des impôts confiscatoires n’abandonnent pas Livran et continuent d’y travailler. Monsieur du Perrier, arrêté comme contre-révolutionnaire et emprisonné au Fort du Hâ se verra délivré par la population en armes venue le chercher.
Pendant la guerre de 14 la propriété est transformée en hôpital de campagne et accueille les blessés de guerre.
On dit qu’en 1945 le général de Gaulle passa à Livran sa dernière nuit avant de décoller pour l’Angleterre. Leurre pour tromper l’ennemi ou réalité ? Une chose est sûre : le propriétaire d’alors, Emile Liquard, député de la Gironde, cache des résistants et c’est en ces moments que naîtra l’amitié entre Madame Liquard et Yvonne de Gaulle. La photographie du général au milieu des ouvriers dans la cour de Livran en atteste.

De telles histoires particulières liées à la grande histoire disent beaucoup du lieu et de l’attraction qu’il exerce sur ceux qui y vivent, travaillent ou viennent en visiteurs ou amis, même si, hélas, le château est aussi riche en histoire que pauvre en archives.

Reste ainsi à collecter cette histoire auprès de tous ceux qui y ont travaillé, vécu, à fouiller aux archives de Bordeaux ou ailleurs, à décrypter cette histoire qui se lit dans les pierres du château… travail réalisé par notre historienne Laetitia… et à écrire le présent aux couleurs des vins de Livran.

Chaque propriétaire a laissé une empreinte, cherché à donner le meilleur de Livran, et quelle qu’en soit la réussite, cela est un don précieux qu’il s’agit aujourd’hui de recueillir et de faire fructifier.